Le traité européen adopté à Lisbonne le 18 octobre 2007 a pour vocation de remplacer le traité refusé par le peuple souverain le 29 mai 2005. Au-delà du contenu du texte, tout démocrate devrait s'élever contre le déni de démocratie qui consiste à ne pas consulter le peuple par référendum. La règle du parallèlisme des formes l'exigent : ce que le peuple a défait, seul le peuple peut (éventuellement) le refaire.
Les socialistes ont beau jeu d'appeler au référendum. Dans le même temps ils refusent d'agir pour l'obtenir. Ce n'est encore une fois qu'une posture médiatique. S'ils veulent sincèrement avoir une chance d'obtenir un référendum ils n'ont qu'une seule chose à faire : voter contre la révision constitutionnelle préalable à la ratification du traité. Je m'explique.
Il faudra vraissemblablement deux votes pour adopter le traité.
1. Une révision constitutionnelle pour mettre notre Constitution en conformité avec le traité avant de pouvoir ratifier celui-ci.
2. La ratification (ou non) du Traité en lui-même.
Or si le PS fait bloc pour voter "contre" la révision, l'UMP et ses alliés ont de fortes chances d'être privés de la majorité des 3/5 du Congrès (Sénat + Assemblée) nécessaire à la révision. Ce n'est pas sûr, mais c'est probable.
C'est pour celà qu'il est incompréhensible (je devrais dire inadmissible) que les socialistes envisagent de ne pas prendre part au vote ou de s'abstenir sur la révision, rendant ainsi possible la ratification du traité par un simple vote dans chacune des deux assemblées.
Les socialistes espèrent que les citoyens ne se rendront pas compte de leur complicité dans ce qu'il conviendrait d'appeler un déni de démocratie, un "viol démocratique" comme mle dit Etienne Chouard. Ils espèrent pouvoir s'abstenir lors de la révision, en criant devant micros et caméras qu'ils sont pour un référendum (mais sans voter comme il faut pour avoir la moindre chance de l'obtenir), et ensuite ne plus être en mesure de s'opposer au texte lui-même puisqu'ils y sont majoritairement favorable. Belle preuve de courage, de conviction et de démocratie...
Face à ce mauvais coup, les partisans du "Non" le 29 mai 2005 doivent mettre de côté les récentes divisions. Le respect du peuple souverain est en jeu, nous devons reconstituer les tribunes du printemps 2005 pour obtenir un référendum. Marie-George, Jean-Luc, Yves, Clémentine, José... Serez-vous, vous aussi, complice en ne saisissant pas la possibilité politique et médiatique de vous faire entendre par un meeting commun ?! Je n'ose pas le croire....
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